
Perdre un être cher bouleverse tout, nos repères, nos émotions, notre quotidien. Pour un entrepreneur, cette épreuve peut se révéler encore plus complexe. Entreprendre demande énergie, concentration et créativité, et le deuil vient souvent chambouler ce fragile équilibre. Comme vous le savez, lors de la perte de mon frère, j’étais entrepreneuse dans l’immobilier. Je vous parle avec sincérité de cette période tout en vous apportant certaines informations précieuses comme des indemnisations journalières par la CPAM.

Le choc du deuil dans la vie professionnelle
Le deuil ne se limite pas aux moments intimes ou familiaux. Il s’invite aussi dans le monde du travail. Pour un entrepreneur, ses responsabilités ne s’arrêtent pas malgré la perte. Gérer l’entreprise, les clients, les équipes ou même son planning, toutes ses tâches sont nécessaires pour permettre de se rémunérer. Ce mixe entre coeur brisé et obligation de se nourrir, je l’ai vécu.
Les symptômes du deuil (fatigue, anxiété, tristesse, difficulté à se concentrer) peuvent impacter directement la productivité et la prise de décision. Il est donc normal de constater une baisse de performance, et il ne faut ni culpabiliser ni se forcer à “tout gérer” immédiatement.
Adapter son entreprise à sa situation
Le deuil ne vous laissera pas le choix de repenser certaines pratiques entrepreneuriales. Le temps de retrouver un rythme »normal » pensez à prioriser vos tâches, vous ne pourrez pas tout gérer en même temps, votre coeur, votre tête et votre boulot. Essayez au maximum de déléguer quand vous pouvez. Revoyez également vos objectifs un temps, certains doivent être repoussés ou adapté sans se juger. Ces ajustements permettent de maintenir l’activité sans s’épuiser, tout en respectant le temps nécessaire au processus de deuil.
Si je pouvais vous conseiller, parler de votre perte avec vos collaborateurs, clients ou partenaires. Cela peut être difficile, mais souvent bénéfique. La transparence, même partielle, crée de la compréhension et de la flexibilité. Vous n’êtes pas obligé de tout révéler, mais indiquer que vous traversez une période difficile permet de recevoir un soutien concret (report de rendez-vous, délais prolongés) ou encore de maintenir des relations professionnelles saines et compréhensives. J’ai eu la chance sur un court temps d’être bien accompagné par mes collègues ce qui m’a permis sur les premières semaines de me reposer sur eux tout en reprenant petit à petit ma vie.


Transformer la douleur en moteur
La première année, j’ai explosé mes objectifs. Mon cerveau s’est mis en mode MACHINE. C’est l’année d’après que mon corps et mon esprit m’ont abandonnés. J’ai d’ailleurs écris un article sur le sujet que je vous partage ci-dessous. Je pense que mon frère me donnait des ailes pour tenir debout. J’ai remis beaucoup de choses, de projets en question. Aujourd’hui, je pense y voir plus clair sur mon avenir.
Avec le temps, le deuil peut devenir une source de réflexion et de motivation. Certains entrepreneurs choisissent d’honorer la mémoire de leur proche à travers leur travail. Lancer un projet ou une initiative en lien avec la personne disparue ou encore s’engager dans des causes qui lui étaient chères, il existe beaucoup de sujets à explorer.
Articles en liens : Les douleurs du corps et de l’esprit / Les signes
Prendre soin de soi pour mieux rebondir
Accompagner le deuil en tant qu’entrepreneur passe par la bienveillance envers soi-même. On l’a vu plus haut, réorganiser son emploi du temps, déléguer certaines tâches ou encore s’appuyer sur son entourage est primordiale pour réussir à tenir.
Avant tout, il est primordial de prendre soin de soi, de sa tête et de son corps. Chose que je n’ai pas faite. Écoutez-vous, créez des routines bien-être qui peuvent vous aider à tenir, respirer, n’hésitez pas de temps en temps à vous isoler pour hurler, croyez-moi, ça fait un bien fou. Si le besoin de faire une pause peut être vital, il ne faut surtout pas aller à l’encontre. Aujourd’hui, les entrepreneurs sont un peu mieux protégés qu’avant.


Entrepreneur et arrêt maladie, on fait le point
Être auto-entrepreneur, c’est souvent jongler entre liberté et responsabilités. Mais que se passe-t-il lorsqu’on tombe malade ou encore quand on a besoin de faire une pause après un deuil par exemple ? Peut-on bénéficier d’un arrêt maladie et d’indemnités journalières comme un salarié ? La réponse est oui, c’est possible, et on fait le point pour comprendre vos droits et démarches.
Depuis la réforme du régime social des indépendants, les auto-entrepreneurs relèvent du régime général de la Sécurité sociale.
Ils peuvent donc, sous certaines conditions, percevoir des indemnités journalières (IJ) pendant un arrêt de travail prescrit par un médecin.
Pour y avoir droit, il faut :
1 – Fournir un arrêt de travail médical transmis dans les 48 h à votre caisse (CPAM).
2- Être affilié depuis au moins 12 mois à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). En gros, il faut avoir une société ouverte depuis au moins 12 mois et avoir cotisé à travers vos URSAFF. Les deux organismes communiquent ensemble. Il faut penser à contacter votre CPAM pour mettre à jour votre dossier et vous enregistrer comme indépendant. Ça reste la CPAM mais ce n’est pas le même service. En général on vous demandera votre KBIS, URSAFF et impôts.
3 / Il faut absolument être à jour de ses cotisations sociales. En gros, si vous ne payez pas vos URSAFF, vous pouvez oublier.


Mais alors quel est le montant des indemnités ?
L’URSAFF va prendre un revenu annuel moyen calculé sur les 3 dernières années après abattement. Vous l’aurez compris, vos indemnités dépendant de vos revenus déclarés. Elle applique ensuite cette formule : Indemnité journalière = revenu moyen des 3 années / 730. Si je vous donne mon exemple, sur les 3 dernières années, mon chiffre d’affaire était en moyenne de 18 000€ après l’abattement de 50% par les impôts. 18 000€ / 730 = 24,60€ par jour d’arrêt. Pour un mois, cela revenait à environ 800€. Ce n’est clairement pas incroyable, mais ça limite la casse. Attention, le montant maximum est plafonné (autour de 64,52 € brut par jour en 2025) et il y a un délai de carence de 3 jours.
Et si mes revenus sont faibles ?
Si votre revenu est inférieur à un certain seuil (environ 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale), vous ne percevrez aucune indemnité.
Il est donc recommandé de souscrire une assurance complémentaire (type prévoyance) pour maintenir un revenu en cas d’arrêt prolongé.

Le deuil et l’entrepreneuriat sont deux réalités qui peuvent difficilement se concilier parfaitement. Mais reconnaître ses limites, s’accorder du temps, demander de l’aide et adapter son entreprise sont autant de moyens de traverser cette période sans se perdre.
Se donner la permission de pleurer et de ralentir n’est pas un signe de faiblesse : c’est une étape nécessaire pour revenir plus fort et continuer à faire vivre son projet avec authenticité et humanité.
